RETOUR AU SOMMAIRE

 LE TRAVAIL A LA MAISON

 

Le travail à la maison est un souci bien connu de toutes les familles qui ont un enfant d'âge scolaire. De nombreuses questions se posent aux parents désireux de suivre la scolarité de leurs enfants :

Quels sont les objectifs du travail à la maison ?Que faut-il exiger d'un enfant ?

Faut-il lui demander du travail supplémentaire ?

Comment l'aider à faire le travail imposé : faut-il le laisser autonome ou faut-il le guider ?

Cette page a pour but d'aider les parents à répondre à toutes ces interrogations.

 

LES OBJECTIFS DU TRAVAIL A LA MAISON

"Est-ce-que tu as des devoirs ?" , voilà une question rituelle qui accueille bien souvent l'enfant qui est de retour chez lui après une journée de classe.

Si le bien fondé du travail à la maison pour les enfants du collège ou à plus forte raison du lycée, n'est plus à démontrer, il est bon de remarquer que les devoirs à la maison, pour les enfants de l'école élémentaire, ont été abrogés dans les textes officiels de l'éducation nationale depuis plusieurs décennies, mais comme le phénix qui renaît sans cesse de ses cendres, de nombreuses générations d'écoliers, malgré ces textes officiels, ont eu du travail à la maison. Alors, de nombreuses circulaires ont, de loin en loin, rappelé aux maîtres que les devoirs à la maison n'avaient pas lieu d'être et que s'il était éducatif de proposer aux enfants de faire quelques lectures, d'apprendre des poésies ou des "leçons", il n'était pas du tout recommandé après une journée de classe d'exiger d'eux un travail écrit.

Certains sociologues ont même accusé ces devoirs de creuser l'écart entre les enfants des classes favorisées, qui peuvent recevoir de l'aide efficace de leurs parents, et les enfants des classes modestes qui n'ont pas le même soutien à la maison. Mais les us et les coutumes ont la vie dure. Les petits écoliers, qui grandissent et qui deviennent parents à leur tour, ont du mal à concevoir une école pour leurs enfants, sans travail à faire le soir à la maison. Et voilà comment ces fameux devoirs reviennent chaque année: chacun les réclame, les parents les réclament aux enseignants qui les réclament aux enfants. Il peut même arriver que certains enfants en réclament également. Alors, comment résister à une telle pression ? Même les enseignants qui ne sont pas entièrement convaincus de leur bien fondé ont beaucoup de mal à aller en sens contraire de la demande générale. Ils souffriraient de la comparaison avec d'autres collègues. D'autant plus qu'il n'est pas toujours aisé de faire la distinction entre les devoirs qui sont en principe interdits à l'école et les leçons ou les enquêtes qui sont autorisées.

Concédons d'ailleurs qu'une telle distinction est quelque peu artificielle.

Alors au delà de tout excès de zèle en matière d'obéissance à la loi, essayons d'analyser quel peut-être l'objectif du travail à la maison.

Pour ce qui concerne les leçons, les conditions de la classe ne favorisent pas la mémorisation de tout ce qui doit être appris par coeur : les poésies, les tables de multiplication, les leçons d'histoire de géographie, de sciences de la vie, les conjugaisons. Il y a pour ces matières une exigence qui passe par des techniques de mémorisation. Ce sont des procédés : répétition orale, ou écrite, selon les dispositions de chacun qui sont plus facilement mis en oeuvre dans le calme d'une chambre que dans une salle de classe. L'enseignant ne doit pas oublier cependant que c'est à lui de mettre les enfants sur la voie de tous ces procédés mnémotechniques qui sont incontournables à tous les niveaux de la scolarité. Les parents peuvent se rendre très utiles également en accompagnant ces efforts de mémorisation, en essayant d'aider l'enfant à évaluer quelle méthode lui convient le mieux pour retenir ses leçons. Préfère-t-il répéter à voix haute, ou silencieusement, ou en chuchotant, apprend-il mieux lorsqu'il a un crayon pour inscrire quelques idées sur un cahier de brouillon etc, etc. Le procédé choisi peut dépendre aussi du type de travail à effectuer : on n'apprend pas une poésie comme on apprend une conjugaison.

Pour tout ce qui est des recherches à la maison, il est évident que les enfants qui ont des dictionnaires, une bibliothèque bien garnie ou un accès à Internet vont mieux s'en tirer. Si ce n'est pas le cas, des associations de bas d'immeuble dans certains quartiers peuvent apporter une aide précieuse.

Pour ce qui est des devoirs écrits, il faut considérer que ce qui est demandé doit être facilement réalisé si l'enfant a bien suivi le travail fait en classe. Un des objectifs des devoirs est de permettre à l'enfant de s'assurer qu'il a bien compris mais jamais de lui faire découvrir une notion nouvelle. Si ce n'est pas le cas, si l'enfant n'a pas bien compris, il faut se poser la question du pourquoi. L'enfant a-t-il été suffisamment attentif aux explications de l'enseignant, a-t-il rêvé, s'est-il dissipé pendant la classe ? Le travail à la maison peut être l'occasion d'une prise de conscience que quelque chose est à revoir dans la façon de travailler de l'enfant. Une rencontre avec l'enseignant s'impose alors pour savoir quel est le comportement de votre enfant pendant la classe. Le travail à la maison permet de prendre conscience du problème, s'il y a un problème, sans attendre qu'il y ait une évaluation ou un contrôle en classe.

Grâce au travail à la maison, vous pouvez ainsi suivre la progression de votre enfant en matière de scolarité : le dialogue avec lui s'en trouvera enrichi. Vous savez où il en est dans ses apprentissages, vous pouvez aborder les thèmes travaillés en classe sous un autre angle. Vous allez ainsi l'aider à mettre plus de sens dans ce qu'il apprend. En tout état de cause, vous soutenez ainsi sa motivation qui est garante de sa réussite.

Pour autant, sans que l'attention que vous portez à votre enfant soit remise en cause, l'intérêt général du travail à la maison est de donner à l'enfant le goût du travail en autonomie. Sans avoir l'assistance de l'enseignant, il va s'organiser dans son emploi du temps, dans le classement de son matériel scolaire, il va se responsabiliser vis à vis de son travail. D'où l'intérêt du cahier de texte qui donne à l'enfant des repères temporels sur la base de la semaine scolaire. Il va apprendre à travailler pour lui : c'est une découverte essentielle dans la construction de sa personnalité qui conditionne d'ailleurs se réussite future. Ainsi il prend conscience qu'il ne travaille pas pour faire plaisir à ses parents ou à l'enseignant mais pour assurer son avenir. Assurément, cette projection dans le futur l'aide à grandir.

 

QUE FAUT-IL EXIGER D'UN ENFANT ?

De bonne habitudes sont à prendre dès le plus jeune âge : s'il faut laisser à l'enfant le temps de "se poser" quand il revient de l'école, il ne faut pas non plus trop retarder la mise au travail qui pourrait entraîner un retard dans l'heure du repas du soir et par voie de conséquences dans l'heure du coucher. Or chacun sait que le temps de sommeil de l'enfant doit être respecté. Donc, prendre son goûter, discuter quelques minutes avec vous des moments le plus excitants de la journée, tous ces échanges ne doivent pas s'éterniser. Ceci est vrai même et surtout pour les enfants des collèges qui ont bien sûr plus de travail que les enfants de l'école élémentaire.

Il faudra le plus souvent apporter une petite sollicitation pour que s'effectue une mise au travail réelle. Le rôle du parent présent à la maison est capital à ce moment-là. Ne pas laisser l'enfant ouvrir la télévision, ou déballer ses jouets, est un principe de base : comment l'enfant pourrait-il ensuite reprendre son travail ?

Le temps de travail va bien évidemment dépendre de l'âge de l'enfant. Plus l'enfant va grandir, plus il aura besoin, pour réussir, de passer du temps sur son travail.

Au cycle 2 (Cours préparatoire et cours élémentaires), une demi-heure est un temps raisonnable. Vouloir exiger plus de l'enfant ne pourrait que le décourager, ou lui rendre le travail haïssable. Ce n'est pas le but recherché. Donc, se méfier du trop de travail, surtout chez les plus jeunes, au CP notamment. Ne pas oublier que l'enfant a derrière lui six heures de travail, un équilibre harmonieux entre les temps de travail, les temps de repos doit être à tout prix sauvegardé. Si quelque chose ne va pas dans ce domaine, n'hésitez pas à faire le point avec l'enseignant ou avec le psychologue scolaire.

LA QUESTION DU TRAVAIL SUPPLEMENTAIRE

Certains parents trop bien intentionnés souhaiteraient ajouter encore du travail à ce travail donné par l'école. Le désir de trop bien faire peut faire plus de mal que de bien. Soit votre enfant suit bien en classe et il n'en a pas besoin , ou bien votre enfant a des difficultés, mais ce n'est pas en ajoutant du travail que cela va l'aider. Il faut, dans ce cas, voir l'enseignant et réfléchir aux remèdes à apporter, ce n'est certainement pas dans cette surcharge de travail que réside la solution.

Ne pas oublier qu'un enfant s'instruit par bien d'autres voies que l'école : les jeux, les échanges avec ses copains, les sorties, les activités sportives ou artistiques, autant d'occasions d'apprendre et de s'intéresser à toutes sortes de choses.

 

ENFANT AUTONOME OU ENFANT ASSISTE ?

L'idéal, chacun l'aura bien compris est de laisser l'enfant s'organiser et faire son travail en autonomie. Pour certains, un seul petit encouragement à se mettre au travail, un simple contrôle à la fin du travail pour faire réciter les leçons ou vérifier la justesse d'un exercice pourra suffire.

Mais, on ne peut espérer atteindre cette situation sereine dès les premiers jours de classe. Au départ, tous les enfants ont besoin d'un soutien un peu plus actif de l'adulte. C'est surtout au cours préparatoire que les parents seront le plus sollicités : il faut entraîner l'enfant à la lecture car c'est en lisant qu'il va apprendre à lire. Votre enfant n'étant pas tout seul dans sa classe, le temps que l'enseignant peut consacrer individuellement à chacun est forcément réduit. Très souvent, en début d'année, les enseignants des cours préparatoires font une réunion de parents pour apporter quelques conseils. Essayez de ne pas manquer cette réunion, si vous ne pouvez y assister, demandez un rendez-vous particulier à l'enseignant ou interrogez les parents qui ont pu y assister. Cela vous aidera pour qu'il y ait continuité entre ce que l'enfant entend à la maison et à l'école.

Mais dès que votre enfant saura lire et se débrouiller avec une consigne, le plus d'autonomie est toujours à viser. Bien sûr, certains enfants y parviennent mieux que d'autres. Le rôle du parent étant toujours d'encourager son enfant dans cette difficile conquête, de le valoriser, d'éclairer ses points forts, de le soutenir dans ses faiblesses. Les menaces, les privations de jeu, de télé, etc, etc, sont à bannir à tout prix. Votre enfant progressera si vous lui faites confiance. Le travail à la maison sera alors un moyen pour mieux communiquer avec lui et avec l'école.

  RETOUR AU SOMMAIRE